Café philo: « Le travail »

Publié le  : 24-11-2022

Problématiques proposées 

  • Faut il travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?
  • Le travail comme épanouissement de soi ou comme aliénation ?

Après une introduction sur le sens du mot travail (instrument de torture en latin) sur la dévalorisation du travail, fait d’abord par les esclaves, puis par les serfs, les paysans et le Tiers-État avant la Révolution, puis par les ouvriers exploités au 19 siècle, Cf. les Canuts, l’œuvre de Zola (par ex Germinal), artisans payés à la pièces ou à l’heure avec les petites améliorations en 1936 (10 jours de congé annuels) et situation actuelle avec une exploitation (Uberisation, Amazon et ses sous-traitants démarchages téléphoniques de plateformes exploitants leurs salariés (souvent à l’étranger)….

De nombreuses notions ont été abordées, divers points de vue très enrichissants ont été exprimés par la douzaine de participants ; citons, entre autres :

1) La valeur du travail « le travail, c’est bien de gauche ! » pour Fabien Roussel. Fierté de son travail, d’avoir un rôle dans la société, de rendre service aux autres ; fierté d’accomplir un travail industriel, ou un travail dangereux : ex. les mineurs de fond . Ce qui fait l’amour du travail, c’est la compétence (impossible avec un travail répétitif). Fierté aussi d’avoir un travail utile : faire le ménage, ou s’occuper des personnes âgées. Importance de donner du sens au travail. Travail socialement utile, travail écologiquement utile. Utilité pour les autres, ou pour soi-même

2) Mais, possibilité d’être à la fois aliéné par son travail et fier de le faire . Aliénation : c’est le fait d’être rendu étranger à soi même, tellement abruti par son travail qu’on ne peut plus réfléchir et être soi. Le mineur était asservi par ses conditions de travail, mais s’est battu contre la fermeture de sa mine. L’aliénation ne serait elle pas la source de la fierté , la fierté n’étant qu’un mécanisme de survie, la seule façon de ne pas devenir fou ? Le seul choix pour Sisyphe, c’est d’aimer sa pierre ! Rôle très important tant de la fierté que de la solidarité entre collègues

3) Le mal être au travail ,les raisons de « burn out. l’aliénation :

  1. le pire, pour un travailleur est d’être employé pour une entreprise qui agit à l’encontre des valeurs du salarié ;
  2. la souffrance au travail peut venir d’un manque de possibilité d’exprimer sa créativité ; paradoxalement, un métier critiqué pour promouvoir une société d’hyper- consommation peut être pleinement source d’épanouissement pour le créateur de publicité ;
  3. peut venir du fait de ne pas pouvoir bien faire son travail : chaque médecin porterait ainsi le poids de la culpabilité de n’avoir pu sauver un patient ; Plus généralement, on ne laisse pas les salariés faire leur métier correctement et en vivre correctement (François Ruffin)

4) Dérivation sur le sujet de la hiérarchie des salaires. Pourquoi le médecin est il mieux payé que l’ouvrier ? Faire des études,, c’est un luxe que tous n’ont pas ; de plus être considéré et valorisé est déjà une récompense (un salaire) d’où il faudrait, pour certains revoir cela !!!
L
es sociétés « primitives » travaillent 2 ou 3 heures par jour, juste pour leur subsistance ; le salaire est une création pour asservir les gens . Vu que plus on est qualifié, plus on se fait plaisir dans son travail, il faudrait l’égalité des salaires ;
Mais le gain de beaucoup d’argent grâce à des études longues n’est plus du tout vrai pour les jeunes actuellement (jeunes diplômés commençant à 1300 €) Certains branches d’activité offrent des salaires mirobolants, d’autres non, indépendamment des diplômes et de la difficulté à les obtenir

5) Pertinence (ou non pertinence ) de la distinction travail/ loisir et de la distinction travail /activité. Problème du travail non rémunéré (travail des bénévoles, travail des femmes au foyer) Débat « Une activité est un travail dans la mesure où il y a recherche d’un résultat final ». Autre avis : toute activité est un travail. Autre avis : il n’y a travail que si il y a contrainte extérieure (indépendamment de la contrainte de la nature)

6) Les contraintes sont elles bénéfiques ou maléfiques ? dans les loisirs, comme dans le travail il y a des contraintes ; elles sont utiles si on se les impose .

7) Mention de sociétés (les fourmis) où un tiers des individus travaille, un tiers ne fait rien, un tiers se repose, et un tiers perturbe le travail mais peut se révéler en définitive créateur de nouvelles stratégies utiles pour la collectivité. Ce sont toujours les mêmes qui se reposent ou travaillent, et au niveau des fourmilières, ça fonctionne, exemple à méditer pour l’espèce humaine, et le « Droit à la paresse », cher à Paul Lafargue ?

8) Brefs passages des uns ou des autres sur l’intérêt (ou non intérêt !) de la philo et du café philo. C’est au gré :vivre mieux, pouvoir se nourrir intellectuellement de tout ce qui a été entendu. La philosophie, c’est fait plutôt pour comprendre, ’ouvrir à des thèmes auxquels on n’aurait jamais pensé.

Prochain thème, du café philo, qui aura lieu le jeudi 22 décembre : « Faut-il avoir un but dans la vie pour être heureux »

Anne (référente philo de Roue Libre)